Schaerbeek : Une nouvelle zone de non-droit ?

Schaerbeek est une commune bruxelloise en pleine expansion, pourtant confrontée à un problème persistant : l’insécurité grandissante ! Les habitants de ces quartiers cosmopolites se plaignent encore trop souvent de vols, d’agressions et d’actes d’incivilités qui se produisent régulièrement dans les rues et les transports en commun. Les autorités locales ont pris des mesures pour lutter contre ce phénomène, mais les résultats restent mitigés. Quelles en sont les causes et les conséquences sur les habitants, ainsi que les initiatives mises en place pour améliorer la situation ?

Dans les rues animées de Schaerbeek, un sentiment d’insécurité s’insinue peu à peu dans l’esprit des habitants, alimentant les conversations et suscitant des inquiétudes légitimes. Cette commune bruxelloise, autrefois connue pour sa diversité culturelle et sa convivialité, est aujourd’hui confrontée à l’insécurité. Des statistiques alarmantes et des faits divers à Schaerbeek ont attiré l’attention sur cette réalité inquiétante, poussant les autorités et la population locale à agir.


Une réalité préoccupante

Au fil des ans, Schaerbeek a connu une augmentation significative de la délinquance et de la criminalité. L’insécurité prend de nombreuses formes dans la commune de Schaerbeek, cambriolages, vols à la tire, incivilités. Selon les données de la police locale, le nombre de cambriolages a diminué de 1 053 plaintes en 2017 à 646 plaintes en 2021, mais malheureusement, d’autres types de délits comme le vol et le trafic de drogue ont augmenté durant cette période.

« L’une des constatations de la police était que, pendant le COVID, le trafic de drogues dures s’est développé […], ce qui n’existait pas auparavant ».

Philippe Lamens, responsable du service des gardiens de la paix

La commune compte 131 000 habitants, soit 16 000 habitants au kilomètre carré. Comme dans beaucoup de communes bruxelloises, l’insécurité est aussi une préoccupation majeure des habitants de Schaerbeek.

Face à cette situation, les autorités ont pris plusieurs mesures pour contrer ce phénomène d’insécurité. Des patrouilles de police, en uniforme et en civil, sont régulièrement effectuées dans les zones à risque et des caméras de surveillance ont été installées dans les zones les plus exposées à l’insécurité.

L’immigration pointée du doigt !

Les réfugiés qui ont fui leur pays d’origine pour se réfugier en Belgique sont souvent confrontés à des problèmes de logement, de travail et d’intégration, selon M. Lamens. Les conditions difficiles dans lesquelles ils vivent, peuvent aussi contribuer à l’insécurité dans la commune car ils sont confrontés à des situations précaires qui peuvent les rendre vulnérables à la criminalité.

« Nous avons donc en réalité un mélange de profils de personnes extrêmement variés. Beaucoup d’entre eux ont des repères de vie, des codes, des règles ou des normes, des valeurs qui ne sont pas toujours les mêmes, qui n’ont pas du tout les mêmes intérêts. Et tout ce petit monde se croise ici, je pense que ça fait encore plus de possibilités de conflits ou de malentendus ou de comportements qui dérangent les uns et les autres ».

Philippe Lamens, responsable du service des gardiens de la paix

Gestion de l’espace public

Les salissures sont également des problèmes courants dans la commune de Schaerbeek, ce qui peut contribuer à l’insécurité et à l’insalubrité.

« Un symptôme important est la saleté, c’est un quartier où la commune doit passer tous les jours et tout nettoyer de fond en comble, 3 heures plus tard, c’est à nouveau avec des déchets partout.« 

Philippe Lamens, responsable du service des gardiens de la paix

Pour remédier à ce problème, la commune de Schaerbeek met en place des campagnes de nettoyage régulières et sensibilise les habitants. La commune de Schaerbeek a également voté une loi communale sur la malpropreté publique et les générateurs, qui vise à sanctionner les citoyens qui sortent leurs déchets au mauvais moment et dans les cas où un sac non conforme a été sorti.

« Les yeux vigilants qui ne dorment jamais » Pixabay by PhotoMIX-Company

Renforcer la sécurité à Schaerbeek

Depuis 2017, la commune de Schaerbeek a débloqué plus de 300 000 euros pour lutter contre l’insécurité dans certaines zones à risque de la commune. Ce sont actuellement plus de 200 caméras qui sont installées dans la commune, visionnées en temps réel par la police de Schaerbeek. Cette initiative vise à dissuader les criminels de commettre des actes délictueux.

La cohabitation peut être compliquée à Schaerbeek, c’est pourquoi un programme de sécurité et de prévention a été créé. Il est composé de 200 agents qui veillent à ce que chaque Schaerbeekois se sente en sécurité, écouté et respecté. Cette initiative vise à améliorer la sécurité à Schaerbeek.



Des initiatives pour améliorer la qualité de vie

Outre les mesures de sécurité mises en place, la commune de Schaerbeek a lancé plusieurs initiatives pour améliorer la qualité de vie de ses habitants. Il s’agit notamment de campagnes de sensibilisation à la propreté des rues et à la réduction du bruit.

L’insécurité à Schaerbeek est un problème majeur pour les autorités locales, la police et les habitants de la commune. L’augmentation de la population, la diversité culturelle et les conditions précaires de certains habitants, notamment celles issues de l’immigration forcée, sont des facteurs qui contribuent à l’insécurité. En conséquence, des mesures ont été mises en place pour lutter contre ces phénomènes, notamment l’augmentation des patrouilles de police et des campagnes de sensibilisation pour encourager les habitants à dénoncer les actes de délinquance et à adopter un comportement responsable.

En coopérant ensemble, il est possible de réduire l’insécurité dans Schaerbeek et y assurer une meilleure qualité de vie.

« Je ne suis pas pessimiste en tout cas, [..] c’est-à-dire que les gens comprennent et ils n’entrent pas en conflit avec nous, sauf qu’ils s’arrêtent mais recommencent ailleurs. En fait, ce que nous voulons, c’est obtenir un véritable changement de mentalité par rapport aux incivilités ».

Philippe Lamens, responsable du service des gardiens de la paix

Aïssa Dinart

Curieux, et polyvalent, je me suis penché vers la communication car j’aime décrypter le monde qui m’entoure. Mes hobbys sont l’information et le football, et la compétition de manière générale. Mon objectif est de devenir commentateur sportif.